Le prix du miracle…
Nathalie avait huit ans quand elle entendit sa mère et son père parler de son petit frère, Luc.
Tout ce qu’elle savait, c’était qu’il était très malade et qu’ils n’avaient plus un sou.
Ils déménageraient dans un mois dans un tout petit appartement parce que son père n’avait plus d’argent pour les factures du médecin et de la maison.
Seule une chirurgie très coûteuse pouvait sauver son petit frère maintenant et il n’y avait personne pour leur prêter l’argent. Elle entendit son père chuchoter à sa mère qui était en larme et désespérée : « Seul un miracle peut le sauver maintenant. »
Nathalie alla dans sa chambre et sortit un pot en verre d’une de ses cachettes.
Elle renversa tous les sous sur le plancher et les compta soigneusement, à trois reprises. Le total devait être exact. Pas de place pour une erreur.
Soigneusement, elle replaça les pièces de monnaie dans son pot, ferma le couvercle, le mit dans sa poche et elle sortit par la porte arrière et se rendit à la pharmacie.
Une grande enseigne verte clignotait au-dessus de la porte. Elle attendit patiemment le pharmacien pour avoir toute son attention mais il était trop occupé.
Nathalie frotta ses pieds de façon à faire du bruit. Rien.
Elle s’éclaircit alors la gorge avec le bruit le plus répugnant qu’elle pouvait faire. Ce n’était pas agréable.
Toutefois, elle en profita pour prendre une partie des pièces jaunes de centimes d’euros de son pot et les déposa bruyamment sur le comptoir en verre.
Et cela marcha !
« Ehhh, que veux-tu? » demanda le pharmacien, « je parle à mon frère de Boston que je n’ai pas vu depuis très longtemps, » lui dit-il sans attendre une réponse à sa question.
« Et bien, je veux vous parler au sujet de mon frère, » répondit Nathalie avec le même ton. « Il est vraiment, vraiment malade… et je veux acheter un miracle. »
« Je te demande pardon? » dit le pharmacien.
« Son nom est Luc et il a quelque chose de mauvais qui grossit à l’intérieur de sa tête et mon papa dit que seul un miracle peut le sauver maintenant, alors combien coûte un miracle? »
« Nous ne vendons pas de miracle ici petite fille. Je suis désolé mais je ne peux pas t’aider » dit le pharmacien plus doucement.
« Écoutez, j’ai l’argent pour payer, vous savez. Si ce n’est pas assez, je trouverai le reste, dites-moi juste combien il coûte. »
Le frère du pharmacien était un homme grand et bien habillé. Il se pencha vers la petite fille et lui demanda avec un fort accent : « de quel genre de miracle ton frère a-t-il besoin? »
« Je ne sais pas, » répondu Nathalie. « Je sais juste qu’il est vraiment malade et maman dit qu’il a besoin d’une opération. Mais mon papa ne peut pas payer, alors je veux utiliser mon argent « .
« Combien tu as? » demanda l’homme avec le drôle d’accent, « trois euros cinquante sept, » répondit Nathalie tout bas, « et c’est tout l’argent que j’ai, mais je peux en obtenir encore plus s’il le faut. « Bien, quelle coïncidence, » dit l’homme en souriant, « trois euros cinquante sept, est le prix exact d’un miracle pour les petits frères. »
Il prit l’argent dans une main et avec l’autre main il saisit sa mitaine et dit « emmène-moi où tu demeures. Je veux voir ton frère et rencontrer tes parents. Voyons si j’ai le genre de miracle dont tu as besoin. »
Cet homme bien habillé était le Dr Strange Hope, un chirurgien, spécialisé dans la neuro-chirurgie.
L’opération a été faite sans coûter un sou et rapidement Luc était de retour à la maison et se portait bien. Ses parents parlaient de la série d’événements qui les avaient menés au bout de ce chemin, « cette chirurgie », chuchota sa mère, » fût un vrai miracle et je me demande combien tout cela a coûté ? »
Nathalie sourit. Elle savait exactement combien le miracle avait coûté… trois euros cinquante sept…
… plus la foi d’un enfant ! Car les miracles ne se produisent que pour ceux qui y croient…
Adaptation d’un conte américain.


